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Visible à Tokyo jusqu'au 4 décembre au musée Suntory avant de l'être au musée de la ville de Kobe au printemps 2012, l'oeuvre fait partie d'une série de représentations de souverains, à découvrir au fil d'une exposition titrée "Lumière et ombres de l'art Namban: le mystère des rois d'occident représentés en selle". Le thème: une courte mais originale période artistique de l'archipel, celle qui a vu des artistes nippons suivre des cours donnés par des jésuites dans des séminaires sur l'art occidental de l'époque. La chose se passe à la fin du XVIème et au début du XVIIème siècle. Les premiers navigateurs portugais ont atteint le Japon en 1543. Ils concluent des traités de commerce et organisent une activité de négoce à partir de leur colonie de Macao. En 1549, c'est au tour de François-Xavier de se rendre dans l'archipel où il prône l'évangélisation, une tâche à laquelle s'attelleront avec zèle les jésuites. Vers 1580, le père Alessandro Valignano met en place la structure devant assurer le prosélytisme chrétien au Japon. Outre le christianisme, qui fera de nombreux adeptes et inspirera le grand écrivain Shusaku Endo (遠藤 周作, 1923-1996, auteur notamment de Chinmoku (沈黙, le silence) dont le personnage principal est un missionnaire portugais) les jésuites véhiculent avec eux le savoir occidental de l'époque, notamment les techniques artistiques des jeux d'ombre et de la perspective. Ils les enseignes dans des séminaires spéciaux. Cette rencontre entre l'art occidental et celui du Japon donnera naissance au style Nanban (南蛮, barbare du sud), que l'on retrouve sur des panneaux de paravents ou sur de simples toiles. Il y a des scènes de genre, séculaires, et des oeuvres d’inspirations religieuses. Il y a des cartes du monde et du Japon, ainsi que des représentations des peuples du monde. Beaucoup ont été détruites car en 1614, le shogun Tokugawa Ieyasu ( 徳川家康, 1543-1616) interdit le christianisme, dont les adorateurs deviennent hors la loi et font l'objet d'une violente répression. Certaines ont été retrouvées dans des endroits étranges. Une Mater Dolorosa a ainsi été découverte pendant l'ère Taisho (1912-1925), roulée dans un tube de bambou pris dans le torchis d'une maison de la préfecture de Fukui. L'une des plus belles réalisations du style Nanban est la série des rois d'occident représentés en selle. Huit panneaux figurent le roi d'Angleterre (peut-être Jacques 1er, monté sur le trône en 1603), Henri IV ou encore le roi d'Abyssinie et celui de Perse. Tous ont été peints d'après des dessins importés d'Europe, sur du papier doré. Sources : http://mesmer.blog.lemonde.fr |
| Mis à jour ( Mercredi, 30 Novembre 2011 10:43 ) |
L'histoire n'a jamais permis à un roi de France de se rendre au Japon. L'art, si. De manière exceptionnelle, le Vert-Galant a même eu droit à la réalisation de son portrait par un peintre japonais inconnu au début du XVIIème siècle.